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    Et voilà une nouvelle photostory, relativement longue sur ma petite Hachiko. Je m’excuse à l’avance pour la qualité des photos et vous retrouve en bas de page ;)

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    Hachiko, ou la solitude

    Alors on en était là ? Hein, Cookie ? Assis tous les deux sur ce canapé sur lequel nous en avions passé du temps, mine de rien… Nous étions là, à regarder autour de nous les murs blancs, la moquette noire, le tapis rose sur lequel tu aimais tant dormir, cet appartement où nous avions passé tant d’années seuls tous les deux. Oui seuls, car même si nous étions ensembles, nous restions seuls, toi, petit singe abandonné par un cirque. Et moi ? J’étais quoi moi ? Rien, rien du tout. Une gamine perdue qui jouait les grandes parce qu’elle avait toujours eu à se débrouiller toute seule dans ce monde pourri jusqu’à la moelle, et les autres qui ne valaient pas mieux… Tous pourris, souillés, périssant à cause de ces hommes, ces anges et ces démons plus ignorants les uns que les autres, plus bornés, cupides et sales…

     

    Hachiko, ou la solitude

    Alors oui, nous en étions là, à regarder en arrière ce que nous avions vécu dans cet appartement jusqu’à aujourd’hui. Je nous avais même acheté deux gâteaux pour fêter ça ! Fêter quoi tu me diras ? Je n’en sais rien, après tout un déménagement lorsque l’on n’a aucune envie de déménager, ça se fête ? Non je ne le crois pas. Mais regarde-moi, comme je suis pitoyable !  A m’appesantir sur mon sort et à regretter cet endroit. Non, je ne le regretterai pas, je me l’étais promis, ne s’attacher à rien ni personne, car rien ni personne ne s’attachera jamais à moi. J’en avais fait mon mantra, hélas, j’avais transgressé cette règle par deux fois. La première lorsque je t’avais recueilli, petite chose chétive, meurtrie par le froid, presque morte. Je ne comptais pas te garder au début, rappelle-toi de la règle, ne s’attacher à rien ni personne. Mais au fil des jours j’ai fini par m’habituer à ta présence et à te garder auprès de moi, parce qu’on fond, malgré nos différence, nous étions pareils, abandonnés et perdu dans le froid.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Regarde-moi cet appartement Cookie, c’est la deuxième fois que j’ai transgressé LA règle. Jusque-là on n’avait pas d’endroit fixe où vivre, pas d’attache, on bougeait, on changeait souvent d’endroit. J’avais dépassé ma période clocharde depuis un moment et même si le statut de sans domicile fixe m’allait encore, je ne vivais pas non plus dans la rue, plus maintenant…

    Et puis il y a eu « l’incident » avec les gardiens des rêves et encore une fois, j’ai été traitée en pariât. Bon ok, ils m’ont pas renvoyé de l’ordre ni rien, mais m’ont donné un « congé à durée indéterminée », traduction dans leur langage : « merci, tu nous a bien servi mais t’as fait une bourde, même si c’est pas une grosse bourde on a plus besoin de toi, mais on te garde à l’œil, on te lâchera pas, crois pas que parce que tu pars plus en mission tu fais plus partie du truc, hein. On a marqué notre empreinte au fer rouge sur toi, tu nous appartiens, et si un jour on a besoin de toi, on te fera signe. » Et ouais c’est comme ça que l’ordre nous traitait tous, même s’ils étaient censés être les gentils dans l’histoire…

    Alors quand j’ai commis cette « bourde » comme j’aime à l’appeler plutôt que « l’incident », ils m’ont congédié sur terre, et c’est là que j’ai trouvé ce boulot. Parce qu’il fallait bien bouffer pour vivre, c’était pas comme dans l’autre monde où j’avais au moins d’assuré un pieu hyper confortable en fibre de nuages et trois repas hyper copieux par jours au moins. Donc pour bouffer j’ai trouvé un job, ou plutôt un job m’a trouvé. Je marchais tranquillement dans la rue quand une femme m’a abordée, tout de suite je me suis méfiée en voyant son allure. Grande et mince, trop mince, voir même maigre, des jambes interminable fourrées dans des bottes de grands couturiers, sac Céline, trench Burberry, carré Hermès autour du cou et lunettes de soleil Chanel. Tout dans son attitude transpirait le luxe et la supériorité, que ce soit dans sa façon de marcher, dans son port de tête hautain, ou dans sa manière de me regarder, sous ses lunettes comme si je n’étais qu’un insecte, une minuscule fourmi, non même pas, sous son regard je n’avais même pas l’impression d’être digne d’être une fourmi. Alors oui je me suis méfiée, que voulez-vous, quand on a grandis seule dans le rue, les gens comme ça à part pour vous cracher dessus et vous accuser de vol ça vous approche pas. Mais elle n’a fait ni l’un, ni l’autre. Elle m’a dévisagé de haut en bas, comme pour m’enfoncer un peu plus et m’a tendu sa carte. « Barbara B. Angel’s model ». Haha la blague, parlez-moi encore de ces foutu anges ! Je me suis tout de même pointée à leur bureau, parce que je vous le rappel, il fallait bien bouffer et hop, le job en poche ! Vous avez déjà vu ça vous, une orpheline sans le sous, ex clocharde et presque virée de son job de gardienne des rêves devenir mannequin de renommée du jour au lendemain ?

    Ça en jette hein ?

    Non pas du tout, parce que ce job est aussi pourri que les autre, avec un niveau d’hypocrisie, mêlé à de graves problème d’anorexie et de drogue, ce milieu qui pourtant était censé m’offrir de quoi bouffer m’a encore plus conforté dans mon idée que le combat était perdu d’avance, qu’on pouvait rien sauver dans ce monde. Bref, l’agence proposait des appartements pour les modèles qui vivaient loin et comme moi je vivais nulle part, j’ai accepté.

    Au début, je ne me suis doutée de rien, et toi non plus d’ailleurs, Cookie. C’était juste des murs blanc, de la moquette noire, c’était froid, vide, inhospitalier. Et ça me convenait bien, parce que je voulais pas m’attacher à cet endroit, comme à rien d’autre. Mais au fil du temps, j’ai fini par y amasser des trucs. 

     

    Hachiko, ou la solitude

    Des bibelots ridicules piqués lors de séances photos…

     

    Hachiko, ou la solitude

    Ma contrebasse…

     

    Hachiko, ou la solitude

    Des jouets pour toi Cookie…

     

    Hachiko, ou la solitude

    Ouais, je m’étais bel et bien fait avoir par cet endroit, qui a commencé à devenir chaleureux, un peu… enfin je crois, je connais pas trop ce concept alors, qui sait ?

     

    Hachiko, ou la solitude

    Pff, soupir las… Et voilà, je me suis attachée à un endroit, j’ai eu l’audace de croire que ça pourrait être un « chez moi », mais non ! Toi t’as pas de chez toi, tu connaîtras jamais ça. Alors la dure réalité te rattrape, tu reçois un message de l’Ordre qui te dis que tu dois absolument partir d’ici, et tout ce que tu as essayé, tenté en vain de construire s’écroule. Parce toi tu connaîtras jamais ce que c’est qu’un foyer.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Alors on en est là, hein, Cookie. C’est notre dernière nuit ici, parce que d’après les Grands Boss, il y a des méchants qui me recherchent. Pour changer. Et en plus un esprit du monde du milieu s’est échappé. Super.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Bon, je crois qu’il est temps qu’on fasse nos bagages Cookie.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Regarde-moi tous ce bordel, qu’est-ce qu’on peut amasser comme conneries dans une vie, si c’en est une.

     

    Hachiko, ou la solitude

    « Je ne veux rien posséder, je ne veux pas d’attaches »

     

    Hachiko, ou la solitude

    Idiote, regarde comme ça te fait mal de ranger tes affaires, de les emballer et de te dire que le seul endroit que t’ai jamais considéré comme chez toi -parce que là-haut, dans l’autre monde s’est pas chez toi- t’es enlevé.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Et oui Cookie, c’est terminé.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Ces murs blanc, impersonnels et froids, c’était devenu notre quotidien, ça faisait partie de notre solitude et remplaçait un peu le vide avec deux trois meubles, deux trois plantes, ça comblait l'espace dans le tiroir.

     

    Hachiko, ou la solitude

    A quoi ça va me servir de conserver tout ça, hein ?

     

    Hachiko, ou la solitude

    Le canapé et le buffet aussi sont à moi, alors je vais faire quoi quand je vais me pointer dans le prochain hôtel qui sera juste pour une nuit mon chez moi ? Je vais lui dire quoi à ce réceptionniste bedonnant, en pleine crise de la quarantaine, avec sa moustache ridicule et sa figure rougeaude, ce déchet de l’humanité qui draguera toutes les nanas qui voudront juste prendre une chambre pour la nuit ? « Bonsoir je voudrais une chambre, quelqu’un peut monter mes bagages, deux malles, un canapé et un vaisselier ? »

     

    Hachiko, ou la solitude

    Et je suis là, à ranger mes affaires, des tas de truc sans intérêt que je ferais mieux de balancer aux ordures, tu crois pas Cookie ?

     

    Hachiko, ou la solitude

    Voilà, c’est fini.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Emballé c’est pesé. On fait quoi maintenant ?

     

    Hachiko, ou la solitude

    On s’assoit et on regarde le résultat.

     

    Hachiko, ou la solitude

    C’est laid, hein ? Toutes ces merdes amassées au fil du temps, ça sert à quoi ? A rien à part à te rappeler l’insignifiance de te vie.

     Allé viens Cookie, on va les manger ces gâteaux.

     

    Hachiko, ou la solitude

    Et puis on va s’allonger là, et on va attendre. 

     

    Hachiko, ou la solitude

    On va attendre que le temps passe. On va attendre que le temps passe parce que de toute façon on ne peut rien faire d’autre. On peut pas l’arrêter, on peut pas le capturer, à part dans notre mémoire. On pourrait en faire un souvenir, le conserver et le chérir, réminiscence de notre premier foyer. Mais on le fera pas, parce qu’on va s’y attacher à ce souvenir, et qu’on veut pas. Qu’on peut pas. Qu’on a pas le droit. Pourquoi ? Parce que ça fait trop mal et qu’on en a marre d’avoir mal. Quoi que, si on a mal, ça veut dire qu’on est vivant, et nous on sait plus trop si on a déjà été vivant. Est-ce qu’on était vivant quand on nous a abandonné ? Est-ce qu’on était vivant quand on vivait dans ce putain d’orphelinat –ou d’hôpital psychiatrique ? Est-ce qu’a un moment de notre vie on a été vivant ?

     

    Hachiko, ou la solitude

    Alors on en est là, hein Cookie ? On éteint la lumière et on attend. On attend et on grave ces instants dans notre mémoire, pour être sûr de s’en souvenir, pour la postérité. Parce qu’on sait que ça nous fera mal, autant que maintenant, et que ça voudra dire qu’au fond, malgré tout, on est vivant.

     ***

    Donc voilà le résultat, après presque 1 an sans rien poster, je reviens avec cette photosto d’une qualité, je l’avoue, fort médiocre ! Je dirais pour ma défense que mon le chargeur de mon appareil photo à fait une fugue et que celui avec lequel j’ai pris les photos est à l’agonie, limite sous assistance respiratoire ! Bref, hier soir j’ai tout à coup vraiment eu très envie de prendre des photos et d’écrire, alors comme ça, sur un coup de tête, suivant cette idée saugrenue, j’ai tout fait à l’affilé.

    Bon le texte est surent bourré de faute et après avoir farfouillé dans mes dossier, je me suis rendue compte que ça changeait absolument toute l’histoire que j’avais prévu pour Hachi, mais bon c’est pas grave, ça me plaît bien comme ça !

    Sur ce, bisous à tous


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     La grisaille ne reste pas toujours grisaille 

    Aussi loin que je le souvienne, mon monde a toujours était gris. Enfermée depuis toujours et à jamais dans la bibliothèque du monde du miroir, tout ce qui m’entourait n’avait pas de couleurs. Bleu, rose, violet, jaune, tout cela ne voulait rien dire pour moi. Cyan, fuchsia, parme, doré, n’était qu’une suite de mots vides de sens. Céruléen comme un ciel d’été, bleu marine comme l’éther, turquoise comme la mer… Creux étaient les mots, comme la manière dont ils résonnaient en moi. 

     Sorano, ou la grisaille

    Assise au milieu de livres dont le contenu m’échappait, je restais immobile du matin au soir, ou plutôt du soir au matin, car tout est inversé dans la troisième dimension, la dimension du miroir. Celle du milieu, le terrain neutre entre la première, le monde des songes, et la seconde, le monde des cauchemars. 

    Depuis mon perchoir -une étagère de la bibliothèque- et au fil du temps, j’ai entendu beaucoup de choses, des murmures à peine audible, échangés devant le grand Miroir, la porte des mondes. Les rumeurs disaient que tout ce qui se trouvait dans le monde du miroir n’était qu’une copie, un reflet d’un quatrième monde, un monde qui ne serait pas gris mais coloré. Les gardiens des songes disent que leur travail est de protéger ce monde en empêchant les spectres des rêves d’y pénétré. Les maitres des cauchemars tiennent un tout autre discours…

    Sorano, ou la grisaille

    Mais ce n’est pas de cela dont je veux vous parler, c’est d’une phrase que j’ai entendue un jour à travers le miroir : « La grisaille reste toujours grisaille ». Ces cinq petites mots étaient tombés de nulle part, m’enfonçant encore plus dans ce monde dépourvu de couleurs, persuadée que rien ne changerai jamais, que j’étais condamnée à rester immobile dans ce monde jusqu’à la fin de mes jours.

    Sorano, ou la grisaille 

    Et puis tout à basculé le jour ou je l’ai vu...

    Sorano, ou la grisaille

     Et puis tout à basculé le jour ou je l’ai vu. Je ne sais pas combien de temps s’était écoulé- la perception étant différente dans la dimension inversée- mais je suis certaine de l’avoir vu…

    Sorano, ou la grisaille

    Une lumière blanche, aveuglante, immaculée, mais tellement chaleureuse. Puis une silhouette, un jeune homme aux yeux fermés se découpant au milieu de cette lumière, et lorsqu’il souleva ses paupières, le spectacle le plus merveilleux qu’il m’ait été donné de voir apparu. Ca n’était pas gris, blanc, ni noir, c’était autre chose, de la couleur, j’en étais persuadée. Je ne saurai dire quelle couleur, mais c’en était, deux couleurs différent, son œil gauche m’évoquait un ciel d’été sans nuage, tandis que le droit, une prairie au printemps.

    Sorano, ou la grisaille

    Alors, écoutant une voix imaginaire, raisonnant dans mon cœur, je descendis de mon étagère, suivant cette lumière jusqu’à arriver et pied du Miroir. 

    Sorano, ou la grisaille

    Sorano, ou la grisaille

    Peu à peu, la lumière commença à se dissiper afin de me laisser contempler mon reflet dans le Miroir

    Sorano, ou la grisaille

    Un reflet qui n’était pas gris, noir ou blanc, mais… Qu’est-ce que c’est déjà ? Oui, je crois bien que c’est ça : De la Couleur !

    Sorano, ou la grisaille

    Je n’aurai su dire quelles couleurs, car il y en avait plusieurs, mais je savais que c’en était, j’avais cette certitude au fond de moi ! Et sans même réfléchir plus longtemps, je traversai le miroir, pour me retrouver dans cette quatrième dimension 

    Sorano, ou la grisaille

    Cette dimensions pleines de couleurs toutes plus différentes les unes que les autres, mais tellement magnifiques qui m’assaillirent tel un tourbions sans fin.

    Sorano, ou la grisaille

    J’en étais certaine désormais...

    Sorano, ou la grisaille

    La grisaille ne reste pas toujours grisaille ! 

    Sorano, ou la grisaille


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  • Bonjours tout le monde^^ en ce jour férié du mois de mai, Pumpkins lève le nez de ses révisions pour poster la première photostory de « Souvenirs de poupées », qui est plutôt une sorte d’introduction, de mise en bouche… Je comptais la poster ce weekend, mais je le fais avec un peu d’avance (profitez-en bande de veinard, c’est rare XD). Bonne lecture :

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    A l’époque, j’avais l’impression que ma vie n’était qu’une succession de journées plus ennuyeuses les une que les autres. Dans la routine immuable de mon existence, je ne m’attendais pas à ce que tout change si rapidement, en un jour, après une rencontre qui aurait pu être évitée si je n’étais pas continuellement en retard… Ah, si j’avais su, je crois que… Je crois que, à la réflexion, non, je n’aurai changé ce jour pour rien au monde ! Si je pouvais effacer une partie de ma vie, je conserverai précieusement les évènements qui suivirent cette journée nuageuse du mois de mai…

    Ce jour la avait mal commencé pour moi et la poisse m’y avait suivie tout au long…

      

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

    Tomoe, ou la maladresse

     

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    Au fait, je ne me suis pas encore présentés, je m’appelle Tomoe Honjô, ravie de faire votre connaissance^^

    Tomoe, ou la maladresse

    A suivre...


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